11/09/2014

Commémoration du bombardement du hameau de LAPARRE du 21 août 1944

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     Ce 21 août 2014, le Conseil Municipal de Névian est venu se recueillir au cimetière de Villedaigne devant les tombes des 4 victimes à l’occasion du 70ème anniversaire du bombardement du 21 août 1944.
Le 21 août 1944 au matin, à 7h30, un bombardement a eu lieu sur Laparre, Hameau de Névian. Il visait la gare de Villedaigne/Névian, le passage à niveau, les citernes de carburant et les stock d’armes allemandes entreposées alentours. Il faisait suite à plusieurs autres bombardements qui ont eu lieu durant ce mois d’août 1944, tantôt sur la Gare de Marcorignan que sur celle de Villedaigne/Névian ou que sur les voies ferrées. Ce 21 août, de la maison qui existait dans le tournant allant vers Laparre, face au passage à niveau, actuellement sur le parking du club d’Agility, il ne restera que la cuve à vin, toujours visible.
     Mme Cathala et Mme Joulia, lors des veillées de Dal Mouli, précisaient qu’il s’agissait ce jour-là de 7 petits avions portant chacun une bombe, dont personne n’avait pu voir avec précision la couleur des cocardes, empêchant toute identification. Les archives dont nous disposons à l’heure actuelle hésitent entre deux hypothèses :
     Celle de l’aviation allemande, qui aurait volontairement fait exploser ses propres réservoirs de carburant afin qu’ils ne tombent pas aux mains des alliés, fraîchement débarqués en Provence, et qui viennent de libérer – depuis le 19 août – Nîmes, Béziers et Narbonne. Pour la SNCF, dans son rapport dressé devant Maître Boursault de Canet, il s’agit bien de l’aviation allemande.
     Celle de l’aviation alliée, dont la présence est attestée dans la matinée de ce 21 août en Lauraguais puis en Carcassonnais et même en Corbières, dont l’objectif était d’enrayer le départ des troupes allemandes, en pleine débâcle.
 A Laparre donc, 4 personnes vont décéder lors de ce bombardement matinal du 21 août 1944.
    Maurice ALDEBERT, né en 1887 à St Laurent d’Olt (Aveyron), époux d’Anaïs Lucie Deltour, ils ont un enfant. Âgé de 56 ans, il est cantonnier principal à la SNCF depuis 1920. Habitant à Canet d’Aude, il est attaché à la Gare de Marcorignan. En 1945, il sera déclaré Mort pour la France tué en service par faits de guerre. Il ne figure pas sur le Monument aux Morts de Névian pour une raison que nous ignorons, alors que son nom est gravé sur la plaque commémorative en Gare de Narbonne des employés de la SNCF Morts pour la France.
   Les 3 autres personnes qui vont également décéder ce 21 août 1944 sont de la même famille, la famille Grégoire : le père, la mère et leur garçon de 16 ans qui était ouvrier agricole chez Villemagne. Jean  GREGOIRE, né en 1903 à Lavilledieu (Tarn et Garonne) est garde barrière principal de la Gare de Villedaigne où il réside avec sa femme Marguerite GREGOIRE, née VERDIER en 1906 à Castelsarrasin (Tarn et Garonne), également garde barrière titulaire. Mme Grégoire a été inquiétée en février 1943 par l’administration centrale pour un accident survenu à Laparre entre une voiture allemande et un train, les barrières n’ayant pas été fermées à temps. Les époux Grégoire ont 6 enfants : Yvette mariée en 1943 à 18 ans à Névian avec Jean Cubilier, Yves qui va mourir avec ses parents lors de ce bombardement du 21 août 1944, Huguette, qui décèdera à l’âge de 5 mois, Denise, qui décédera à l’âge de 4 mois, et 2 enfants morts nés. De ces 8 personnes, ne subsistera finalement que la fille aînée Yvette. C’est le sort tragique de cette famille Grégoire.
    D’après le Névianais André Folch, dès le début du bombardement, Jean, Marguerite et Yves se réfugient sans attendre sous le petit pont de la voie ferrée. C’est là que la mort va les atteindre tous les trois. Les bombes soufflantes vont les déshabiller, ils seront retrouvés quasi-nus et sans vie. C’est Mr Pennavayre, de la SNCF, ainsi que Mr Tiqui, Maire de Villedaigne et Mr Rodière, Instituteur de Villedaigne qui déclareront leur décès. En 1946, ils seront officiellement déclarés Morts pour la France, tués en service par faits de guerre. La Ville de Névian gravera leur nom sur le Monument aux Morts de Névian alors que la SNCF fera de même sur la plaque commémorative en Gare de Narbonne des employés de la SNCF Morts pour la France.
     Les tombes de ces 4 victimes sont sans doute les 4 dernières victimes audoises durant l’Occupation.

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